Do-Ho Suh

Do-Ho Suh
Some/One  (2003)

Artiste coréen né à Séoul en 1962, Do-Ho Suh s’est illustré par son sens de l’installation. Défiant les contraintes de la matérialité et de la spatialité, il a su transcender ses domaines de formation, la peinture et la sculpture, pour se dégager un champs expressif personnel. Un terrain sans limites où il peut rassembler des enveloppes hétéroclites sous une métaphore commune. Ou inversement, exhiber un corpus uniforme pour des identités opposées.

High-School Uni-form  (1997)

Car, précisément, la relation entre groupe et individu constitue un élément essentiel de l’oeuvre de Do-Ho Suh qui sans la figer ne peut s’empêcher de la placer en miroir. Souveraineté ou domination, solidarité et endoctrinement, socle ou piédestal. Une mise en lumière de la dualité, voire la diversité, des essences, des notions, de nos productions, de telle sorte que chaque pièce renvoie à nos certitudes ou leur contraire. La masse peut s’avérer esclave ou révolutionnaire, constructive ou destructrice, en mouvement ou en régression. Et cette même masse porte ou subit, révèle ou étouffe, force l’anonymat ou prolonge une volonté. Un point de vue n’affirmant que la variété des possibles.

Karma, Installation  (2003)

Comme tout questionnement sémantique, la démarche d’Do-Ho Suh repose également sur les caractères et les signifiants. Les matériaux utilisés, en plus de physiquement incarner une idée, complètent celle-ci. Les textiles, et plus précisément l’Organza, fluidifient l’oeuvre et permettent son transport. La rigidité contrarierait un propos que chaque lieu d’exposition nuance. D’autre part, la transparence de ces tissus autorise la perception des reflets et évoque ainsi antagonismes ou projections. Enfin, lorsque Do-Ho Suh choisit de modéliser une armure de guerrier en assemblant les plaques nominatives des militaires coréens, le lien unissant concept et ressource se révèle définitivement.

Net-Work  (2010)

Résidant entre Séoul, Londres et New York, Do-Ho Suh a su tirer profit de son nomadisme pour universaliser ses créations en les abstrayant de toute contrainte géographique ou culturelle. Une qualité qui lui a ouvert les portes de galeries internationales ou de musées prestigieux sur chaque continent, du Guggenheim nord-américain au Mori Art Museum de Tokyo.

Staircase III (2010)